Les sept vies de Zizou la moustiquette (1)

 Zizou

Dans un marais breton naquit un jour Zizou la moustiquette. Pourquoi la moustiquette me direz-vous ? Eh bien ! parce que, chez les moustiques, c’est comme chez les hommes : il y a des filles et des garçons. On dit toujours « les moustiques », mais il y  a en réalité les moustiques et les moustiquettes. Or, seules les moustiquettes piquent…
Zizou donc, un beau matin, jaillit du marais et, ivre de soleil, s’élança dans les airs…

… Ziiiiiii !

Lorsqu’elle fut bien haut, elle resta suspendue dans le ciel et elle contempla ce qu’il y avait en dessous.
Maintenant qu’elle est immobile, profitons-en pour la regarder… Ah ! c’est qu’elle est plutôt mignonne Zizou. Elle a de grands yeux verts, des ailes légèrement bleutées et un dard étincelant… comme une épingle. Charmante Zizou ! Mais soudain elle descend en flèche…

zizou

… Ziiiiiii ! ZOU !

Elle vient de faire son premier repas sur un gros chat balafré qui passait par là.

Pique ! Pique !
Gratte ! Gratte !
Ze te pique.
Tu te grattes.

D’un petit coup de patte, le gros matou chasse Zizou puis se gratte à l’endroit de la piqûre. Non loin de là, posée sur un tronc d’arbre, Zizou attend un peu, puis à nouveau…

… Ziiiiiii ! ZOU !
Pique ! Pique !
Gratte ! Gratte !
Ze te pique.
Tu te grattes.

Le chat saute dans tous les sens, se roule par terre, se bat contre cet invisible adversaire en miaulant avec rage. Mais notre Zizou, repue, a eu le temps d’aller s’installer sur un mur pour digérer. Elle se sent lourde, si lourde qu’elle finit par s’endormir… Elle est si jeune : elle a besoin de sommeil !
À la tombée de la nuit, c’est la faim qui réveille Zizou. Elle prend son vol et s’approche des lumières d’une maison. Le dard collé contre la vitre de la salle à manger, elle observe attentivement ses prochaines victimes. Soudain, une fenêtre s’ouvre et notre charmante moustiquette se glisse discrètement à l’intérieur pour prendre son deuxième repas. Cachée sur les dessins d’une tenture, elle attend le moment favorable.

maison nuit

La famille, joyeusement attablée, est réunie pour l’anniversaire du petit dernier. Tout le monde mange, discute, rit. AlorsZizou, que personne n’a remarquée, commence à son tour le festin… par une série d’attaques en piqué.

… Ziiiiiii ! ZOU !
Pique ! Pique !
Gratte ! Gratte !
Ze te pique.
Tu te grattes.

Tout le monde y passe : les enfants, les parents, le tonton, la tata, le grand-père, la grand-mère et même le chien ! Tant et si bien qu’à la fin du repas tout le monde se gratte…
– Satané moustique, dit le père. Si je le vois, celui-là, attention à lui !
Zizou justement, au comble du bonheur et parfaitement inconsciente, dans un dernier looping, vient de s’abattre sur la mère.
– Surtout ne bouge pas, dit l’homme. Je vais l’avoir.
Mais au moment précis où la main s’approche du bras de la femme, Zizou, dans un dernier réflexe, a juste le temps de se soulever – et elle est lourde car elle a beaucoup mangé ! – et d’aller se cacher sur une potiche.
– Je l’ai raté !  s’écrie le père rageur.
Affolée, notre moustiquette, dissimulée sur une fleur de céramique, cherche péniblement à reprendre son souffle. Pourtant, jusqu’à présent, elle trouvait ça plutôt marrant de piquer les gens ; mais, d’un seul coup, elle vient de comprendre les dangers d’une vie de petite moustiquette… Elle reste ainsi immobile jusqu’au lendemain matin, attendant avec impatience de pouvoir s’enfuir.
– Je vais au village, dit le père.
Il ouvre la porte…

… Ziiiiiii !

Zizou vient de s’échapper d’un coup d’ailes. Pour fuir tout danger, elle vole ainsi longtemps sans s’arrêter.
Dans la soirée, elle arrive dans une ville. Curieuse, elle se dirige vers un endroit très bruyant et très éclairé. Il y a une multitude de lumières qui clignotent ; elles sont de toutes les couleurs. Il y a aussi de la musique et des machines qui tournent. Bien sûr, vous l’avez deviné, c’est une fête foraine. Zizou, elle, ne peut pas savoir, mais vous, vous allez comprendre…
Ce soir-là, il y a plein de gens qui rient, mangent des gaufres, des bonbons ou des chouchous, qui jouent à droite, à gauche, qui vont dans les manèges, qui crient dans le grand huit. Zizou s’amuse comme une petite folle de voir tout ça et de temps en temps, dans un coin d’ombre…

… Ziiiiiii ! ZOU !
Pique ! Pique !
Gratte ! Gratte !
Ze te pique.
Tu te grattes.

fete foraine

Si bien qu’au bout d’une heure on voit, dans la fête, plein de gens qui se grattent. Cela amuse beaucoup Zizou. Personne ne la remarque et pourtant, lorsqu’elle est passée… ça se voit !
Quand les machines et la musique s’arrêtent, que les lumières cessent de clignoter, il y a déjà bien longtemps que notre moustiquette, agrippée à un banc, dort à poings fermés. La nuit passe et lorsque arrive le matin Zizou, pleine d’énergie, s’élance dans le ciel, haut, très haut..

GLOUP !

Une hirondelle, qui passait par là, vient de happer l’insecte en plein vol… Hé oui, ce genre de choses, ça arrive, quand on est une simple moustiquette. Pauvre Zizou !

À suivre

Merci à Benoît Vinadelle pour le dessin.

NOTES

2 réflexions sur “Les sept vies de Zizou la moustiquette (1)

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