Jacques Higelin nous quitte

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Je viens d’apprendre la disparition d’un de mes chanteurs préférés, Jacques Higelin dont les chansons ont accompagné ma vie. Je me souviens d’un concert dans une petite salle de la banlieue nantaise, à la fin des années 70, très rock – avec entre autres le titre Un œil sur la bagarre.

Ce troubadour rebelle nous laisse des mélodies et des textes d’une grande diversité. Pour moi, la chanson la plus forte en émotions, c’est Alertez les bébés, chanson d’une intensité incroyable qui se termine dans un souffle.

“J’ai vu
Un jour
Cent mille enfants
Serrer dans leur poing l’étendard
De l’amour
Révolté
Le vent dansait dans leurs cheveux
Et leurs voix faisaient trembler
Les murs de Babylone
Comment veux-tu que l’espoir capitule
Et qu’on retourne après ça
Jeter en pâture aux chacals
Et aux requins
Ce pur élan de vie
Jeter en pâture aux chacals
Et aux requins
Ce pur élan de vie
Ce cri de rage
 
Alertez les bébés !
Alertez les bébés !
Alertez, alertez, alertez les bébés !”

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Mais il y a d’autres titres qui me tiennent à coeur comme Irradié.

“Irradié, 
Irradié, 
Je suis le sage, le fou, le débile 
Je suis du village l’idiot 
Et j’entends les rumeurs de la ville 
 
J’entends les passages cloutés  
Berçants les piétons sages 
Au rythme des feux verts 
Dans le désert des embouteillages”

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Champagne bien sûr…

“Lutins, lucioles, feux-follets, 
Elfes, faunes et farfadets 
S’effraient d’mes grands carnassiers 
Une muse un peu dodue 
Me dit d’un air entendu 
Vous auriez pu vous raser 
Comme je lui fais remarquer 
Deux, trois pendus attablés 
Qui sont venus sans cravate 
Elle me lance un œil hagard 
Et vomit sans crier gare 
Quelques vipères écarlates”

… et pour finir L’accordéon désaccordé, sublime éloge de Paris et de l’art, dont je vous livre les paroles en intégralité.

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“Les accords 
D’l’accordéon désaccordé du beau Léon 
S’accorde au diapason 
Des tourbillons des corps des coeurs amoureux 
Et le cordon langoureux de leur nostalgie 
Relie mon vague à l’âme 
Aux charmes disparus 

 

Des rues du vieux Paris 
Où sont tous les camelots 
Les princes de la gouaille 
Les grands bonimenteurs 
Les champions du bagout 
Les tarzan la houpette 
Brillantinés de frais 
Qui accrochaient leur bijoux de pacotille 
Au cou des midinettes en bigoudis 
Et tous les ouistitis 
Joueurs de barbarie 
Qui tiraient sur leur chaîne 
Jongleurs et funambules
  

Qui volaient dans les plumes 
Des chanteuses à rengaine 
Fréhel et la Damia 
Charmeuse de cobra 
Qui vous saignait le coeur 
Avec les trémolos 
Des malheurs dans la voix 
 

Les accords 
D’l’accordéon désaccordé du beau Léon 
Me colle à fleur de peau 
Des nappes de frissons 
Des vagues de langueur 
Et l’cordon langoureux de leur mélancolie 
Marie mon vague à l’âme 
A celui de Paname 
Qu’on aime et qu’on oublie 
 
Envolée des bougnats 
Café, bois et charbon 
Les flambeurs de java 
Soignant leur peine de coeur 
Au Martini Picon 
Les sifflets des poulbots 
Qui fusaient de la place 
Quand les filles à marlous 
Valsaient la chaloupée 
L’été à la terrasse des caboulots 
Où sont passés les fous 
Rires et tous les mots doux 
Des amants de la Seine 
Qu’étrennaient leur bonheur 
Des quai de l’île Saint Louis 
A Notre-Dame en fleurs 
Dans quels nids haut perchés 
Du paradis des photoraphes 
Se cachent les p’tits moineaux 
Du Paris de Doisneau 
Chantés par la môme Piaf 
 
Les accords 
D’l’accordéon désaccordé du beau Léon 
Me filent à fleur de peau 
Des nappes de langueur 
Des vagues de frissons 
Et dans c’vieux décor 
Illuminé par les tubes au néon 
Je noie mon mal d’amour 
Dans les bras du Paname 
Encerclés par les tours 
 
Mais qu’est c’qui t’ont pas fait 
Mon Paris, ma canaille 
Tous ces démolisseurs 
Qu’ont un pavé dans l’coeur 
Et des s’melles en béton 
Par où s’et envolé 
L’esprit des ritournelles 
S’évadant des ruelles 
Et des pavés des cours 
Sous l’aile des hirondelles du faubourg 
 
T’as l’air d’un nouveau riche 
Qu’a honte de son passé 
Et qui jette la photo 
Déchirée de son âme 
Par dessus les périph’s 
J’t’abandonne aux touristes 
Aux branleurs de Tour Eiffel 
Et j’retourne en banlieue 
Demander au bon Dieu 
De faire la courte échelle 
 
Aux pianistes à bretelles 
Souriants aux étoiles 
Que la boule en cristal 
Renvoie du haut du ciel 
Sur les p’tits amoureux 
Qui tournent autour des bals”

Il est parti mais nous le gardons sur nos lèvres et dans nos coeurs… Au revoir, Jacques.

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