Le mur invisible, de Marlen Haushofer

Le livre étonnant dont je vais vous parler aujourd’hui, je l’ai rencontré par hasard à la bibliothèque où je travaille. Comme souvent, c’est le titre qui m’a interpellée et la quatrième de couverture a fait le reste. Le mur invisible est sans doute un des romans les plus marquants de ma vie de lectrice. L’héroïne n’a pas de nom et peu importe. Ce qui compte, c’est la situation étrange dans laquelle elle se retrouve un matin : seule dans un chalet, en pleine forêt, emprisonnée par un mur transparent qui la sépare du reste du monde.

“Je me relevai trois fois pour vérifier qu’à trois mètres de moi existait vraiment quelque chose d’invisible, de lisse et de froid, qui m’empêchait de continuer mon chemin. Je me dis qu’il devait s’agir d’une illusion des sens, mais je savais bien qu’il n’en était rien. N’importe quoi d’un peu aberrant m’aurait paru plus facile à accepter que cette terrible chose invisible.”

Pourquoi ? Comment ? De cela, il n’est pas question dans cette histoire. Confrontée à cette nouvelle vie, très vite persuadée qu’elle est l’unique rescapée d’un désastre, cette femme va chercher en elle et autour d’elle les ressources nécessaires à sa survie. Près d’elle, ses seuls compagnons sont des animaux. Ce sont eux qui vont lui donner l’énergie pour continuer et ne pas sombrer dans la folie. Elle le comprend un jour d’orage.

“Bella n’avait pas moins peur que moi mais elle essayait de consoler Taureau. Pendant que je caressais ses flancs sans penser à rien, j’eus soudain la conviction que je ne pouvais pas partir. C’était peut-être stupide, mais c’était ainsi. Je ne pouvais pas fuir et laisser tomber mes bêtes. Cette décision ne fut pas le fruit d’un raisonnement ni même d’un élan sentimental.. Quelque chose en moi m’interdisait d’abandonner ce qui m’avait été confié.”

Il ne s’agit pas d’un « roman apocalyptique » mais plutôt d’une oeuvre profonde et belle où rien ne doit échapper à la vigilance de cette survivante. La vie ordinaire dans la nature, parfois hostile, s’écoule au fil des pages, réglée par le rythme des saisons et les tâches qu’elles imposent. Ce qui n’empêche pas le questionnement continuel de cette femme sur son humanité.

“Mais si le temps n’existe que dans ma tête, et si je suis le dernier être humain, il finira avec moi. Cette pensée me rend joyeuse. Il est peut-être en mon pouvoir de tuer le temps.”

J’ai fini ce roman bouleversée. Il reste dans mon esprit comme un enseignement précieux à méditer chaque jour qui passe…

 

 

 

 

4 réflexions sur “Le mur invisible, de Marlen Haushofer

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