Marcovaldo, d’Italo Calvino

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Marcovaldo appartient à ce type de personnages comme on aime les rencontrer au détour d’une fiction. Simple et attachant, il me fait penser aux modestes héros des comédies italiennes de Dino Risi, Ettore Scola, Luigi Comencini ou aux aventures insolites de Monsieur Hulot si bien mises en scène par Jacques Tati. Marcovaldo est un ouvrier chargé de famille qui vit en ville et dort dans la même pièce que sa femme et ses trois enfants.

“Il avait, ce Marcovaldo, un œil peu fait pour la vie citadine : les panneaux publicitaires, les feux de signalisation, les enseignes lumineuses, les affiches, pour aussi étudiés qu’ils fussent afin de retenir l’attention, n’arrêtaient jamais son regard qui semblait glisser comme sur les sables du désert. Par contre, qu’une feuille jaunît sur une branche, qu’une plume s’accrochât à une tuile, il les remarquait aussitôt […]”

marcovaldo3Cette capacité de voir autre chose que sa vie misérable permet à Marcovaldo de transformer chaque minute et chaque événement en un moment poétique ou drôle. Tout devient une aventure lorsqu’on change son regard sur les choses.

“[…] de derrière une persienne de la villa sortirent deux mains jaunes et sèches : l’une brandissant une paire de ciseaux, l’autre une poêle ; la main qui tenait les ciseaux se leva, s’approchant de la truite, la main qui tenait la poêle se plaça sous elle. Les ciseaux coupèrent le fil, la truite tomba dans la poêle, les mains, les ciseaux, la poêle disparurent ; la persienne se referma : le tout en l’espace d’une seconde.”

Son amour du végétal le porte parfois dans des péripéties rocambolesques. Ainsi par exemple, à son travail, Marcovaldo doit arroser chaque matin la plante en pot de l’entrée. Voyant celle-ci dépérir, il la sort les jours de pluie et très vite la situation devient délirante !

marcovaldo2“Marcovaldo passa le samedi après-midi et le dimanche comme suit : caracolant sur la selle de son cyclomoteur avec la plante derrière lui, il scrutait le ciel, y cherchant un nuage qui lui semblât bien intentionné, et courait par les rues jusqu’à ce qu’il rencontre la pluie.”

Nul doute qu’en découvrant le héros de ce petit livre, vous apprécierez davantage les menus plaisirs du quotidien…

NOTES

 

La dernière illustration provient du site de Erugiery.

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