Nouvelles du Paradis, de David Lodge

lodge1Lorsque Bernard Walsh quitte Rummidge, en Angleterre, pour se rendre à Hawaï, ce n’est pas vraiment pour prendre des vacances, même s’il doit chosir un forfait touristique pour des raisons d’économie. De plus, il doit partir avec son père afin de rejoindre sa tante Ursula gravement malade et qui souhaite revoir son frère avant de mourir. Leur destination est paradisiaque, mais eux n’ont pas du tout l’apparence de voyageurs en partance pour Hawaï.

“ Le plus âgé, avec son visage de rapace ridé et étroit, et sa mèche de cheveux blancs dressée sur la tête comme une crête de cacatoès, semble bien avoir au moins soixante-dix ans ; le plus jeune doit avoir dans les quarante-cinq ans, bien qu’il soit difficile de le dire à cause sa barbe, une affreuse chose en bataille poivre et sel. Ils portent tous les deux des vêtements sombres assez lourds d’un style totalement démodé.”

Dès leur arrivée, le choc de cette terre et de ce climat si différents de l’Angleterre va complètement altérer les repères de ces deux hommes et rien ne va se passer de façon prévisible. Un accident va immobiliser le père, le lendemain de son arrivée. Quant à Bernard, il va devoir gérer ces nouvelles données, s’occuper de ses deux parents dans des lieux différents, s’adapter à ce pays inconnu qui semble le paradis et surtout se confronter à son attirance pour Yolande, la conductrice de la voiture qui a renversé son père.

“ J’ai fait de mon mieux pour m’adapter. J’ai suivi des cours sur la culture hawaïenne, j’ai même un peu appris la langue, mais j’ai été vite ennuyée, ennuyée et déprimée. Il reste si peu de choses authentiques. L’histoire d’Hawaï est une perte.
– Le paradis perdu ? ai-je demandé.
– Le paradis volé. Le paradis violé. Le paradis pourri. Le paradis acheté, développé, mis en paquets, le paradis vendu.”

DAVID LODGE AT HOME IN LONDON, BRITAIN - 30 APR 2004Ainsi parle Yolande, la new-yorkaise dont Bernard tombe amoureux, lui dont la vie sentimentale est un vrai désert. Si Hawaï a perdu son identité, les personnages du roman, eux aussi, sont prêts à tous les bouleversements et on les suit avec grand intérêt. Ursula, la tante dont les jours sont comptés est une figure essentielle de cette histoire. Elle est le pivot de toute action. De par sa proximité avec la mort, elle a une force et une faiblesse qui lui donnent tous les pouvoirs et surtout celui de dire, avant qu’il ne soit trop tard. Du grand art, monsieur Lodge !

NOTES

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