Chroniques martiennes, de Ray Bradbury

bradburyLe 5 juin 2012 disparaissait un monument de la littérature d’anticipation, Ray Bradbury. Né en 1920, il était bien sûr un écrivain d’un « autre temps ». Mais peut-on oublier qu’en matière d’imaginaire, les années ne comptent guère. Pour les lecteurs d’aujourd’hui qui n’ont pas lu Fahrenheit 451, il est temps de savoir que cette oeuvre majeure de Ray Bradbury est aussi une des plus intéressantes réflexions sur la liberté d’expression. C’est tellement vrai que François Truffaut en a fait un film mémorable que l’on peut aujourd’hui  découvrir par le biais de toutes ces nouvelles technologies que l’on peut certes critiquer mais qui préservent de façon durable le patrimoine culturel.
Puisqu’il est question de Ray Bradbury, il faut aussi évoquer ses Chroniques martiennes qui sont encore d’une brûlante actualité. Ces nouvelles, assemblées en un seul volume, s’imbriquent parfaitement pour constituer une véritable histoire. Sur chroniques martiennesMars, les Terriens arrivent pour coloniser un nouvel espace et si les premiers textes laissent entrevoir l’échec de ces premières tentatives, au fil des pages, les Martiens n’existent plus que comme des références lointaines du passé. Mais leur civilisation façonnent les paysages et leur présence est suggérée. Ont-ils vraiment disparu ?
Une nuit, un Terrien et un Martien survivant se croisent dans les collines. L’un comme l’autre se réfèrent à une histoire d’où l’autre est absent, comme si les deux mondes cohabitaient sans se voir. L’un voit une cité et l’autre des ruines. Étrange rencontre dont les mots, aujourd’hui, trouvent encore un écho singulier dans l’histoire actuelle des hommes :

– La Terre, c’est un mot, rien, dit le Martien. Mais… en passant le col, il y a une heure… Il toucha sa nuque… J’ai senti…
– Un frisson ?
– Oui.
– Et maintenant ?
– Ça recommence. Bizarre. Il y avait je ne sais quoi dans la lumière, les montagnes, la route, l’éclairage ; pendant une seconde, je me suis cru le dernier homme vivant au monde…
– Moi aussi ! dit Tomas.”

ray_bradburyRay Bradbury avait une vision très pessimiste du monde dans lequel nous nous agitons chaque jour. Il détestait Internet et se posait en fervent défenseur des livres et des bibliothèques. Pour lui, Internet était « sans intérêt ». Paradoxe, ce même système que l’auteur décriait, contribue aujourd’hui à la diffusion de ses idées… Ce génial créateur redoutait ces technologies si perturbantes pour les civilisations humaines.

“Alors ils les ont tous alignés contre le mur d’une bibliothèque un dimanche matin, il y a trente ans, en 1975 ; ils les ont alignés, saint Nicolas et le Cavalier sans tête, Blanche Neige, le Petit Poucet et Ma Mère l’Oie – oh, quelle tristesse ! – et ils les ont abattus. Ils ont brûlé les châteaux de papier, les grenouilles-fées, les vieux rois et tous ceux qui à la fin des histoires vécurent toujours heureux (car ils est avéré que personne n’a jamais connu ce bonheur-là) et « Il était une fois » est devenu « Jamais plus ».”

Où que vous soyez, Monsieur Bradbury, sur Mars ou dans un univers parallèle, ne craignez-rien, nous sommes vigilants et nous protégerons toujours les mythes indispensables à la survie de notre monde…

NOTES

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