Les sept vies de Zizou la moustiquette (8)

Le faucon et la colombe

Là-haut, dans la montagne, sur une abrupte paroi rocheuse, il y a une étroite plate-forme et, au milieu des cailloux, sans même un brin d’herbe pour les protéger, se trouvent trois oeufs bruns. Juste à côté, la mère faucon pèlerin est en train de dévorer une alouette que son compagnon vient de lui apporter. Car depuis des semaines elle ne fait que couver et ne s’interrompt que pour manger les proies que le mâle a chassées pour elle.
faucon 1Mais approchons-nous des oeufs. Tendez l’oreille… Entendez-vous, dans l’un d’eux, le petit bruit régulier d’un bec, tapant pour briser la coquille qui l’emprisonne ? Et soudain la première lézarde apparaît et l’aîné des oisillons émerge des débris calcaires. Petite boule de chair rose au duvet tout collé, il n’est pas très coquet le nouveau-né ! La mère faucon, découvrant ce spectacle, a aussitôt délaissé son repas pour revenir près de cette étrange créature. Instinctivement, elle la protège de son corps, en s’installant dessus.
faucon 4Le lendemain, le deuxième petit fait son apparition ; quant au dernier, il attend encore trois jours… Et bien sûr, à peine sortis des oeufs, les gosiers ouverts réclament la nourriture. C’est le père faucon qui assume cette lourde tâche, en chassant inlassablement pour toute sa famille. Et vous savez, pour ce genre d’oiseau, ce n’est pas toujours facile d’attraper une proie ! Evidemment, tout le monde se dit qu’ils ont des yeux perçants et des griffes acérées, mais cela ne fait pas tout…
D’ailleurs, si vous ne me croyez pas, suivez avec moi la chasse du faucon pèlerin. Il vole jusqu’à un arbre mort sur lequel il se perche : c’est là son poste d’observation. Il ne bouge pas ; seuls, ses yeux énormes sont en action et surveillent de qui se passe autour de lui. Il peut rester ainsi très longtemps… Soudain, au fond de la vallée, il vient d’apercevoir un petit groupe de grives qui se rapproche. Alors, lentement, majestueusement, le faucon pèlerin décolle de son observatoire et s’envole dans lafaucon-pelerin direction opposée à celle des oiseaux. Cela vous étonne ? Mais attendez… vous allez comprendre. Le rapace décrit une grande boucle, en battant vigoureusement des ailes pour gagner de la vitesse. Lorsqu’il a fini son mouvement circulaire dans le ciel, il est loin des grives qui, elles, ont continué d’avancer en ligne droite ! Mais, quand il est parvenu au meilleur endroit pour se placer, alors il se trouve juste derrière ses victimes… Brusquement, il descend en piqué comme une bombe, les ailes serrées contre le corps. Sa vitesse augmente : 50… 100… 150… 200… 250… 300 kilomètres heure ! Oui, vous avez bien lu : notre champion réalise cet incroyable exploit : 300 kilomètres heure ! Mais, quand il touche au but, les grives, ayant entendu le sifflement terrible du bolide au-dessus d’elles, se sont dispersées. Seule, une bête moins rapide que les autres se fait saisir en plein vol par les serres puissantes du faucon. Cette fois, notre rapace a eu de la chance, mais cela ne marche pas à tous les coups…

À suivre

NOTES

 Liens pour les photos : Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade, RTBF.BE, Faune

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