Don Giovanni, de Mozart

don giovanniAssister à un opéra est toujours un moment d’une intensité si grande que l’on en ressort différent. La musique, l’histoire, les voix, les costumes, le décor, la mise en scène, l’atmosphère subsistent dans le coeur, sous les paupières, dans la tête bien après la fin du spectacle. Ces instants d’exception, nous les devons à ces oeuvres magnifiques que d’immenses compositeurs ont créé pour l’éternité. Il en est ainsi pour le Don Giovanni de Mozart qui bouleverse encore le public, plus de deux cents ans après sa création.
La fascinante histoire de Don Juan, libertin sans scrupules qui collectionne les conquêtes féminines, est un sujet qui n’a pas d’âge. Mais réunir dans une même oeuvre la sensualité des voix entremêlées, l’humour de situations parfois grotesques, la musique magistrale de légèreté, les situations où chacun peut trouver un écho de sa vie, cela, Mozart l’a réussi à tel point que Richard Wagner disait de cette oeuvre que c’était « l’opéra des opéras ».

Don-Giovanni 2

Dans la mise en scène de Brigitte Jaques-Wajeman, le décor lui-même inscrit l’histoire de Don Giovanni dans la tragédie que ses comportements engendrent. Le ciel rougeoie ou noircit au rythme de l’intrigue. Les arbres dévoilent leurs racines comme les personnages révèlent passions et vengeances. Les ombres statufiées qui s’élèvent lentement sur la scène font frémir Leporello, tandis que son maître, grand dilettante, aborde avec légèreté la rencontre avec l’au-delà. Lorsque, revenu d’outre-tombe, le commandeur invite Don Giovanni à souper, le ciel semble participer à la tragédie en mêlant ses zébrures diaboliques et ses fumerolles infernales aux sentiments extrêmes. Tous pressentent le drame, excepté Don Giovanni, défenseur inconditionnel de l’insouciance et de la liberté.

leporelloCe spectacle donné au théâtre du Capitole à Toulouse fut inoubliable, d’autant plus qu’un événement en avait perturbé le cours. L’interprète attitré de Leporello, Alex Esposito, fut contraint d’abandonner son rôle pour une raison familiale majeure et l’artiste qui dut le remplacer « au pied levé » s’acquitta si magnifiquement de cette tâche que le public en fut à peine perturbé. Bravo à lui, Kostas Smoriginas, qui sut parfaitement tenir ce rôle essentiel de Leporello et à tous, musiciens et interprètes de « l’opéra des opéras »…

NOTES

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