Les femmes savantes, de Molière

moliereMolière, tout le monde le sait, c’est une valeur sûre et toujours d’actualité. Mais lorsqu’on assiste à une pièce comme Les femmes savantes avec une mise en scène conforme à celle du dix-septième siècle, le dépaysement est garanti ! C’est ce que propose la compagnie de La Fabrique à théâtre pour le plus grand  plaisir des spectateurs. Pari audacieux mais réussi qui nous fait enjamber les siècles et retrouver les beautés du français d’antan.
D’emblée, l’ambiance est posée avec cette rampe lumineuse de bougies allumées une à une, devant nous. Un comédien vient alors nous présenter le spectacle et nous faire les recommandations d’usage sur l’utilisation de nos portables et appareils photos. Mais, dans la langue de Molière, ce ne sont que « machines à paroles » et « éclairs d’images » ! Ce prélude aux sonorités déconcertantes pour des femmes et des hommes de notre temps prépare nos oreilles à ce parler sonore où les S et les X claquent et donnent au texte une prodigieuse vitalité. Après les premiers instants déconcertants dans cette langue baroque où les mots nous échappent et où pourtant la graphie ne fait que transformer les serments en sermens, petite différence dans l’écriture et si peu dans la sonorité.
Pour une bibliothécaire habituée au piment de ces écritures anciennes, la saveur singulière de la langue de Molière avait une force décuplée par rapport aux lointaines lectures scolaires où l’on ne livrait à nos jeunes oreilles que la traduction fidèle d’un écrit classique. Seuls importaient les messages du texte. On oubliait la langue, sa verve et son histoire, en un mot ses origines.
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PHILAMINTHE
Faites-la sortir, quoy qu’on die.
Ah que ce quoy qu’on die est d’un goust admirable !
C’est, à mon sentiment, un endroit impayable.

ARMANDE
De quoy qu’on die aussi mon coeur est amoureux.

BELISE
Je suis de vostre avis, quoy qu’on die est heureux.

Ces trois femmes savantes qui s’extasient en tressautant sur ce vers de Trissotin provoquent notre hilarité, tant leur ridicule prétention reste d’actualité, malgré les siècles, le langage et les situations. Point n’est besoin de se remémorer l’époque pour trouver des similitudes avec celle que nous vivons. Les vanités n’ont pas d’âge. Les expressions changent, mais le ridicule reste…

NOTES

 

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